Retour sur... "Eloge de la lenteur"
Le temps passe si vite que j'ai envie parfois de revenir sur des moments, des livres lus, des activités réalisées et pour lesquelles je n'ai pas eu le temps justement de venir parler dans ce blog, d'où la création d'une nouvelle rubrique "Retour sur..." que j'inaugure aujourd'hui en mettant à l'honneur un livre lu cet été et que j'avais déjà évoqué là.
Il serait juste de dire que ce livre ne m'a pas quitté tout le temps que je l'ai lu, tant est si bien qu'il est à présent dans un état peu présentable (ce qui ne me ressemble pas vraiment, puisque je n'aime pas abimer les livres), mais c'est la preuve de l'intérêt que j'ai ressenti pour le sujet d'Eloge de la lenteur de Carl Honoré. Le propos de ce livre figurant en 4e de couverture annonce la couleur :
"Pourquoi sommes-nous si pressés ? Pouvons-nous et voulons-nous aller moins vite ? Nous avons décidément tendance à privilégier la quantité de tâches à abattre à la qualité de nos actes quotidiens. A l'heure où la performance est requise sur tous les fronts de l'existence (travail, couple, famille, vie sociale et même... loisirs !), Carl Honoré enquête au coeur d'un courant d'opinion baptisé "Slow", qui propose de rééquilibrer rapidité et lenteur dans notre vie, et retrouver ce que les musiciens appellent le tempo giusto. Et si un bon usage de la lenteur pouvait rendre nos existences plus riches ?"
Après avoir retracé l'histoire de l'accélération du temps, Carl Honoré décline la lenteur dans tous les domaines de notre vie : sur la route, dans les villes, dans la cuisine, dans les loisirs, dans la musique, dans la médecine, dans la sexualité, dans le travail, dans le temps libre, dans la vie de nos enfants,... Son cheminement au sein de la tendance "slow" ressemble fort à un parcours initiatique duquel il apparaît qu'il ressort plus serein, moins stressé, bref plus disponible pour les siens et surtout plus heureux.
"Petit à petit, mon addiction à la vitesse tend à décliner. Je ne ressens plus le temps comme un tyran cruel et irrésistible. mon travail en free-lance y contribue, tout comme la méditation et le geste de laisser mon montre dans un tiroir. Je cuisine, je lis et j'éteins plus souvent mon téléphone portable. Le fait d'adopter une approche plus sélective de mes loisirs (en faire moins mais mieux : par exemple, arrêter le tennis tant que mes enfants sont trop petits), a considérablement allégé la pression. Me souvenir que la vitesse n'est pas toujours la meilleure politique et que la hâte est souvent sans objet et contre-productive suffit à dominer chez moi le réflexe de tout accélérer. Si d'aventure je me surprends à foncer pour le principe, je m'arrête, je prends une profonde respiration et je pense : "Il n'y a aucune raison de courir. Détends-toi. Ralentis"."
Je ne pense pas avoir encore atteint le degré de maturité de Carl Honoré dans sa démarche de rééquilibrage entre la rapidité et la lenteur, mais aujourd'hui, je prends conscience de la vérité de ses propos et parfois, moi aussi, je m'arrête et réfléchis à ce qui se passe et à la nécessité réelle ou supposée d'aller vite. J'ai réduit ma vitesse en voiture, je ne peste (presque) plus après les voitures qui me devancent et qui roulent à une vitesse plus modérée que celle que j'adopterais si j'étais seule sur la route, j'ai organisé ma semaine en groupant les activités des enfants principalement sur deux fins de journée pour pouvoir disposer de soirées sans rien avoir à faire, ni personne à conduire ici ou là, lorsque je fais mes courses, je prends un livre pour patienter à la caisse sans râler après la mamie qui ne se dépêche pas, je tente de profiter de plages de jeux avec mes garçons (en essayant de ne pas penser aux corvées ménagères en attente)... Bref, je chemine à mon rythme sur le chemin découvert grâce à ce livre et espère qu'à chaque étape, je gagnerai en sérénité.
Et pour faire des émules de la lenteur (ou du moins d'un juste équilibre entre la lenteur et la rapidité), je vous livre en vrac quelques réflexions intéressantes ou questions trouvées dans ce livre :
- Peter Holland, journaliste à la BBC et ancien "fou du volant" : "Une fois que vous commencez à vous poser des questions sur la vitesse au volant, vous vous posez les mêmes à propos de la vie en général".
- "Les êtres les plus intelligents et les plus créatifs savent quand laisser divaguer et quand se mettre sérieusement au travail".
- Question n°1 : Savez-vous combien circulent de mails chaque jour sur internet ? 2 milliards, 36 milliards, 247 milliards ? (*voir réponse plus bas)
- Nous sommes nombreux à aimer notre travail [...]. Mais il est déraisonnable de le laisser prendre le contrôle de nos vies
- Question n°2 : Quelle est la durée d'un repas dans un fast-food ? 11 minutes, 15 minutes, 30 minutes ? (* voir réponse plus bas)
- La relaxation est souvent un précurseur de la pensée lente.
- Bien que dormir au travail demeure le dernier tabou, la recherche a montré qu'un petit "somme récupérateur" peut stimuler l'énergie et la productivité.
- Question n°3 : Quelle est la durée idéale d'une sieste ? 10 minutes, 20 minutes, 1 heure (* voir réponse plus bas)
-"L'enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres ; rien n'est moins sensé que d'y vouloir substituer les nôtres" (Jean-Jacques Rousseau)
- La méditation, c'est comme d'être assis en même temps sur la rive et dans la rivière - vous êtes engagé dans la vie, mais vous en avez une vision plus large.
- Le mouvement en faveur de la lenteur est en marche. Au lieu de tout faire plus vite, beaucoup de gens décident de ralentir le rythme et découvrent que cette lenteur les aide à vivre mieux, à travailler mieux, à mieux réfléchir et négocier les choses
Réponses : Question n°1 : 247 milliards - Question n°2 : 11 minutes - Question n° 3 : 20 minutes
Et pour finir, la parole d'un grand sage Gandhi :
"Nous avons mieux à faire de la vie
que d'en accélérer le rythme"
Commentaires sur Retour sur... "Eloge de la lenteur"
Je suis dans la même phase que toi, je ralentis, repousse ce qui a moins d'importance. et surtout me concentre sur katell et son équilibre. bisous
C'est LE sujet qui me taraude tant en ce mois de septembre où je n'ai pas cessé de courir dans tous les sens en n'ayant pas l'impression d'être très productive justement...![]()
Merci à toi pour ce billet bien construit et ficelé qui met l'accent sur ce qui m'importe aujourd'hui dans la vie: prendre le temps pour vivre le meilleur, réévaluer les priorités pour que personne n'en patisse, même s'il est difficile de ne pas se faire happer par le tourbillon de la vie moderne..!![]()
Bisous!


